

Julien Delli Fiori
Président d'honneur du Blackbird

Le don de sa discothèque : Trésor d’un pirate !
A la suite de cette rencontre, Julien Delli Fiori nous a fait un geste exceptionnel : le don de sa discothèque, ancienne discothèque de radio France. Une collection unique et riche, témoignant toute l’histoire du Jazz.
Nous avons entrepris de trier, organiser et cataloguer cette collection afin de la rendre, à terme, accessible aux jeunes et aux curieux.
Notre objectif est de permettre des emprunts, des écoutes guidées et des ateliers de découverte...
... ouvrant la porte à la richesse du jazz, entre grands classiques et surprises inattendues.
Une vie dédiée au jazz
Dans le monde de la musique on ne le présente plus…
Julien Delli Fiori, c’est 43 ans au service du Jazz !Pour l’essentiel à Radio France où il a été entre autres directeur de FIP et créateur des émissions de référence Jazz à Fip et Ascenseur pour le jazz.
MonsieurJazz
En 1985, Julien Delli Fiori arrive sur France Inter avec « Jazz à tous les étages », émission qu’il présente avec Clémentine Célarié.
De ses débuts comme programmateur à FIP à son rôle de « Monsieur Jazz » sur France Inter, il a fait résonner le jazz auprès du grand public, mêlant grands classiques et pépites méconnues, de la tradition des grands standards de jazz jusqu’aux couleurs vibrantes de la musique sud-américaine qui a envahi les ondes françaises

Et puis toutes ces années, Julien Delli Fiori trace son autre musique : le dessin.
Sur le papier, des lignes ondulent, se brisent, se rattrapent, libres mais mystérieusement ordonnées, comme une mélodie muette qui se lit à l’œil.
C’est enfin de compte le travail d’un grand artiste que nous honorons aujourd’hui en même temps que son œuvre graphique, poétique, saisissante de précision et de finesse, à l’imagination foisonnante désormais dévoilée.
Philippe Potier
Gardien phare des Rhodes
Dans son atelier, "au milieu de nulle part", Philippe Potier reçoit les Fender Rhodes avec toutes une patience de luthier, une mémoire encyclopédique et une tendresse à peine dissimulée pour ces instuments qu'il chérit depuis plus de cinquante ans...
Tout a commencé en 1975 avec l'achat de son premier Rhodes neuf. "Cest ce que j'ai connu de plus enthousiasmant musicalement et je me souviens encore de la puissante et délicieuse odeur de vinyle du tolex après le déballage". confie-t-il simplement.
Il joue, cherche, expérimente sans prétendre au virtuose, mais quelque chose se noue, durablement.Une oreille, un geste, un son
Ce qui frappe chez Philippe c'est la précision de son regard. Rien ne lui échappe : une tine mal insérée, un micro légèrement décentré, la position strategique d'un tuning spring déterminant la hauteur d'une note. Son oreille est redourable, presque trop precise "J'entends tout de suite ce qui ne va pas ... cest presque un défaut "
Mais au-delà de la technique il y a chez lui une conviction profonde : le Rhodes ne donne rien sans engagement. Ici, pas de simulation, pas de raccourci le son nait directement du geste. Une frappe trop légère, et la note disparait. Une attaque trop dure, et elle se transforme. "Le pianiste fait le son du piano" Une phrase simple, mais qui résume tout
Dernere le technicien, il y a aussi l'historien. Depuis la rencontre entre Léo Fender et Harold Rhodes dans les années 1960, jusqu'aux dérives industrielles d'une marque qui finira par se vendre à Roland en1987.
« Pour CBS qui avait acquis Rhodes et Fender en 1965, ils n'en avaient plus rien à attendre, ça ne rapportait plus assez »
Philippe a tout suivi, tout documenté. Il sait que les marteaux en bois de la période Fender Rhodes (avant 1976) sonnent différemment de ceux en plastique, que la qualité de l'acier des tines a changé au fil des décennies, que les impuretés d'un métal peuvent paradoxalement enrichir le son. C'est contre-intuitif, il enconvient, mais c'est ainsi : "plus il y a d'impuretés dans l'acier, mieux ça sonne"
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